Accompagnées du Directeur de l’établissement, les deux députées se sont attachées à apprécier l’application des Règles pénitentiaires européennes (RPE) en visitant le quartier des arrivants, celui des mineurs, l’unité médicale, ainsi que les lieux dédiés aux activités culturelles, sportives, de formation et de travail pénitentiaire. Elles ont pu échanger avec les personnels – pénitentiaires et judiciaires – les intervenants extérieurs ainsi qu’avec quelques détenus dont deux mineurs. La Maison d’Arrêt des Hauts de Seine a, depuis plus d’un an, entamé une démarche d’amélioration des conditions de détention et d’ouverture sur la société civile et la ville. Elles ont pu constater un réel engagement et une solidarité des personnels dans leurs délicates missions. Elles déplorent cependant que le volontarisme des différents acteurs se heurte aux difficultés créées par la surpopulation carcérale – environ 900 détenus pour 600 places – et le manque récurrent de moyens humains qui empêchent le fonctionnement « normal » de l’institution et freinent le développement de pratiques innovantes en faveur de la réinsertion des détenus. Locaux exigus, turn-over de plus de 50% des personnels chaque année, précarité des activités et projets financés à court terme – parfois seulement quelques mois - cellules surpeuplées, temps d’adaptation trop court dans le quartier « arrivants » et absence de quartier de semi-liberté gênant la mise en oeuvre des aménagements de peine, dénotent d’une inadéquation incontestable entre les besoins et les moyens alloués par l’Etat. Les deux députées - qui ne cessent de dénoncer la multiplication des lois sécuritaires (plus de 15 textes examinés au Parlement depuis 2002) - ont pu vérifier sur place et dans leurs échanges avec les professionnels du milieu carcéral et de la Justice, combien ces textes augmentent le nombre de détenus, sans jamais adapter les structures d’accueil. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les tensions soient importantes dans les prisons. Il est urgent que les pouvoirs publics permettent aux établissements pénitentiaires d’accueillir les détenus dans des conditions dignes et de les préparer efficacement à leur sortie. Alors seulement la France pourra se féliciter d’avoir un service pénitentiaire moderne et humaniste.
Communistes de Montrouge